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Ambition climatique de la France : adoption de ma proposition de résolution

Face à l’échec de la COP30, au recul général de l’ambition mondiale et après des mois de circonvolutions, notamment de notre gouvernement, dans les négociations européennes pour rehausser nos objectifs climatiques, la France doit impérativement retrouver un rôle moteur au sein de la diplomatie climatique européenne. C’est le sens de la proposition de résolution que j’ai déposée il y a près d’un mois, et qui a été adoptée ce mercredi 26 novembre en commission des Affaires européennes de l’Assemblée nationale.

🇪🇺 Pourquoi cette résolution ?

Depuis des mois, les négociations européennes sur l’objectif climatique intermédiaire pour 2040 patinaient. Alors que la science est claire – pour rester sur une trajectoire compatible avec l’Accord de Paris, l’UE doit réduire ses émissions d’au moins –90 % d’ici 2040 – la France a choisi de s’aligner sur les pays européens les plus hostiles à l’action climatique, tels que la Hongrie, la Pologne ou encore l’Italie, freinant l’adoption d’une position ambitieuse avant la COP30. Résultat : une Europe affaiblie lors du sommet de Belém, et un signal brouillé envoyé à la communauté internationale.

Dans ce contexte, il m’a semblé impératif que le Parlement français fasse entendre sa voix : pour refuser cette posture délétère adoptée par le gouvernement français à Bruxelles, et pour exiger que la France retrouve un cap clair, à la hauteur de l’urgence climatique. À l’heure où les grandes puissances reculent, où les négociations internationales s’enlisent et où la crise climatique s’accélère, l’Union européenne, et surtout la France, hôte de l’Accord de Paris, ne peut plus se permettre l’ambiguïté !

🏛️ Ce que la résolution demande au gouvernement

Le texte adopté par la commission est clair et exigeant. Il appelle l’exécutif à :

  • Soutenir sans ambiguïté l’objectif de –90 % en 2040, indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050.
  • Renforcer notre stratégie nationale de réduction des émissions, afin que la France soit crédible dans les négociations européennes.
  • Mettre en œuvre un véritable plan social pour le climat, permettant aux ménages et aux petites entreprises d’être accompagnés grâce aux fonds européens dédiés.
  • Associer réellement le Parlement aux positions françaises en Europe, en amont et en aval des grands rendez-vous climatiques. La France doit se doter d’un mandat parlementaire ou, au minimum, d’une procédure de consultation structurée.
🌍 Un message : la France doit redevenir moteur

Cette résolution est une première étape. Elle rappelle que notre Parlement peut et doit jouer un rôle central pour maintenir une ambition climatique cohérente, crédible et alignée avec les exigences scientifiques. Alors que la résignation climatique gagne du terrain, cette adoption redonne aussi de l’espoir à toutes celles et ceux (associations, scientifiques, élus locaux, mouvements citoyens- qui se battent pour maintenir une action climatique digne de ce nom. Je les remercie pour leur engagement sans faille.

Je défendrai désormais l’inscription de cette proposition de résolution en séance publique, afin que l’ensemble de la représentation nationale puisse se prononcer. Mais la suite se jouera surtout dans notre capacité collective à lutter contre les reculs, à mettre la pression sur les dirigeants, et à arracher de nouvelles avancées contre la déforestation, pour le sevrage des fossiles et la justice climatique.

On ne lâchera rien. On continue.

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