Catégories En circonscription

Mobilisation contre l’extrême-droite

Plus de 120 personnes sont venues assister, le mercredi 10 juin, à ma réunion publique contre l’extrême droite, preuve que la lutte contre l’extrême droite est une cause qui mobilise largement.

Ce débat a été l’occasion de réflexions partagées sur la montée du populisme et de l’extrême droite en France. Les échanges ont permis de mesurer cette progression, à la fois à travers  les attaques envers les droits des mmes, les sans-papiers, l’environnement, l’éducation ou les médias. Une vraie « bataille culturelle » fait rage, avec des millionnaires qui rachètent des médias grand public, et des avancées notables sur le terrain politique, notamment lors du récent scrutin municipal.

Jean-Noël Roghé, conseiller municipal d’opposition à La Flèche, a ainsi analysé quelques-unes des raisons de la défaite électorale de la gauche dans cette commune de la Sarthe et pointé les premières décisions de cette municipalité.

Vivre dans une municipalité Rassemblement National , ça n’arrive qu’aux autres ! Jamais, là où je vis, je ne serai atteint par la marée noire !  C’est ce dont je m’étais auto-persuadé jusqu’à ce que, en mars dernier, l’extrême droite remporte l’élection municipale.  Passé le temps de la sidération, tout a basculé très vite.  Le RN, fidèle à des pratiques déjà observées ailleurs, a marqué son territoire : embauche de policiers municipaux, restriction voire suppression des subventions aux associations de la culture, de la solidarité, de l’environnement, drapeau européen retiré du fronton de la mairie et venue de leaders médiatiques… Il reste maintenant à entrer en résistance, à lutter pied à pied pour reconquérir le terrain, sans faillir, sans douter… ”

Raphaëlle Rémy-Leleu a expliqué combien le féminisme, et singulièrement l’écoféminisme, était en première ligne face à l’extrême droite, et elle a  présenté le travail de fond mené par La Digue, à l’échelle européenne.

 “L’extrême droite use toujours de la violence contre les mêmes cibles : les femmes, les personnes étrangères, les personnes LGBTQIA+ les mouvements sociaux et écologistes. Ces offensives ne sont pas des faits isolés mais un projet politique cohérent visant à remettre en cause des droits et libertés. C’est pourquoi nous devons aussi reconstruire des espaces de rencontre, de débat, d’action collective.  C’est ainsi que l’on fait reculer la peur et que l’on redonne confiance dans la démocratie.”

Bernard Valin, enseignant et syndicaliste, a analysé les conséquences du  programme de l’extrême droite pour  l’école, impactant à la fois les élèves, les enseignant·es et les personnels, mettant potentiellement en péril le modèle-même de l’école publique.  

“L’extrême-droite, dans sa logique libérale autoritaire, déteste la fonction publique et les fonctionnaires en général, l’école publique laïque en particulier. Si elle propose des mesures qui intéressent (augmentation des salaires des enseignant·es, interdiction des portables), son programme reste ancré dans une logique d’exclusion (refus des mères voilées lors des sorties scolaires), de discrimination (plus de repas alternatifs à la cantine), de mérite (dans les promotions et mutations) et de préférence nationale (priorité aux lycéen·nes français·es pour les orientations), sans aucune mixité scolaire et sociale. La responsabilité de la FSU est de lutter contre ce programme réactionnaire et de défendre une école publique émancipatrice, ouverte sur le monde, à travers des formations syndicales et un combat de tous les instants. ”

L’avocate en droit des personnes étrangères et membre du collectif COLERE, Nejma Dahani, a expliqué son engagement pour l’état de droit, et plus spécifiquement pour défendre le droit des étrangers, notamment en luttant contre les enfermements arbitraires. Elle a par ailleurs rappelé que les lois adoptées ces dernières années ont progressivement allongé la durée légale de rétention administrative. Ces lois reprennent et légitiment les thématiques de l’extrême droite en associant immigration et insécurité. Le collectif COLERE (Coordination opposée à l’enfermement et à la répression des étrangèr.e.s) a été créé en 2023, en opposition à l’installation à Nantes d’un Centre de Rétention Administrative (CRA), et rassemble en son sein une trentaine d’organisations ( associations, syndicats et partis politiques).  

Laisser un commentaire