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“Pour un #MeToo des territoires : à quand une libération de l’écoute dans les partis politiques ?”

Publiée par France Info le 8 mars 2021

“Il est temps pour les formations politiques de prendre leurs responsabilités”. Dans une tribune publiée le 12 novembre 2019 sur le site de franceinfo, 250 personnalités du monde politique, associatif, artistique ou militant avaient appelé à un #MeToo des territoires. Près d’un an après les élections municipales de 2020, cet appel à dénoncer les “violences sexistes et sexuelles” au sein de certains conseils municipaux a-t-il été entendu ? Dans une nouvelle tribune publiée lundi 8 mars 2021 sur le site de franceinfo, 150 élu.e.s locales, militant.e.s, collaborateur.ices, candidat.e.s aux régionales, parlementaires, responsables d’associations ou encore artistes dénoncent “l’omerta” qui persiste au sein des partis politiques.

“Jour après jour, la parole des victimes de violences sexuelles se libère. Mais à quand une libération de l’écoute dans les partis politiques ?”, écrivent les signataires de cette tribune, parmi lesquels Audrey Pulvar (candidate aux régionales en Île-de-France), Emmanuel Grégoire (premier ajoint à la mairie de Paris), Manon Aubry (parlementaire LFI), Caroline De Haas (NousToutes), ou encore la comédienne Anny Duperey. À la veille des élections départementales et régionales du mois de juin, ces 150 personnalités réitèrent l’appel à un #MeToo des territoires, invitant une nouvelle fois les victimes de violences sexistes et sexuelles à “témoigner des faits en écrivant aux partis (…) afin que des listes écartant les candidats sexistes et responsables de violences puissent être constituées”.

En novembre 2019, nous alertions les partis politiques sur le danger qui consiste à investir des agresseurs sexuels pour les élections municipales. À Draveil, à Firminy, au Gosier, à Cabourg, des hommes condamnés par la justice pour viol, pour agression sexuelle, pour atteinte sexuelle sur mineure, pour violences conjugales, ont pourtant été élus. Dans combien d’autres communes ? Certains se présentaient “sans étiquette”, d’autres étaient soutenus par leur famille politique.

Les élections départementales et régionales doivent se dérouler les 13 et 20 juin prochains. À cette occasion, des centaines de femmes et d’hommes seront élu·e·s pour représenter leurs territoires pendant six ans. Parmi eux, certains ont été auteurs de violences sexistes et sexuelles lors de précédentes fonctions.

“Une fois de plus, nous exhortons les appareils politiques à écouter les victimes et à faire œuvre de prévention.”

L’exigence de transparence et d’intégrité demandée à nos représentants doit aussi valoir pour leur capacité à ne pas exercer de violences. Combien d’élections faudra-t-il pour que les formations politiques prennent leurs responsabilités pour garantir une ambiance de travail plus sereine dans les assemblées locales, un fonctionnement plus apaisé de la démocratie et une plus grande sécurité pour les personnes victimes de violences ?

“Les partis ne peuvent se murer éternellement dans l’omerta”

C’est aux partis que revient le choix d’investir ou non un candidat et ainsi de couvrir ou non des pratiques déjà connues. Afin que département par département, région par région, des listes écartant les candidats sexistes et responsables de violences puissent être constituées, nous proposons aux victimes de témoigner des faits en écrivant aux partis. Une aide à la rédaction est à disposition à l’adresse https://tinyurl.com/MeTooTerritoires.

Jour après jour, la parole des victimes de violences sexuelles se libère. Mais à quand une libération de l’écoute dans les partis politiques ? Les partis ne peuvent se murer éternellement dans l’omerta et doivent signaler ces faits au procureur de la République, comme le prévoit l’article 40 du Code de procédure pénale.

Le 8 mars marque la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. À cette occasion, nous appelons toute victime ou témoin, chacune et chacun, à interpeller les candidats aux élections départementales et régionales et les partis politiques sur leur engagement à lutter contre toutes les violences faites aux femmes.

Tribune collective

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