Impossible de le rater, cette semaine c’était la rentrée !
Et à l’échelle de ma circonscription, elle fût bien agitée… Et pour cause : fermetures de classes, augmentation des effectifs par classe, suppression du quart d’heure gratuit de périscolaire et du repas froid le midi à Saint-Sébastien… Et tout ça, en plus d’un piratage informatique de grande ampleur qui empêchait les enseignant-es de connaître leur affectation et d’accéder à leurs mails, et ce, à quelques jours de la rentrée.
Sur la circonscription, ce sont plus d’une dizaine de fermetures actées pour trois ouvertures seulement dans l’enseignement primaire. Les effectifs des classes s’alourdissent au détriment de l’enseignement des enfants et du travail des enseignants. Aucune réponse aux situations de détresse repérées et signalées..
Au lycée Alcide d’Orbigny (Bouaye), le rectorat a décidé de fermer deux classes de seconde (passant de 11 à 13) et le nombre d’élèves augmentant de 32 à 35 élèves par classe, soit le seuil maximum. Le corps enseignant et les parents d’élèves sont vent debout et réclament l’ouverture d’une 12e seconde. Une grève des professeur-es a été décidée jusqu’à la fin de la semaine. Je soutiens pleinement leur combat, et pour cette raison, j’ai écrit au Recteur ainsi qu’au DASEN de Loire-Atlantique, me joignant ainsi aux maires des communes concernées, afin d’obtenir l’ouverture d’une 12e seconde.
Dans cette vague de fermetures, je tiens à saluer la mobilisation des parents d’élèves de la primaire Ledru Rollin (Nantes Sud) qui ont réussi à annuler la fermeture d’une classe.
Plus généralement, toutes ces fermetures sont le symptôme d’un gouvernement qui choisit, sciemment, de baisser continuellement les moyens matériels et pédagogiques attribués aux établissements scolaires publics. Le nombre d’élèves par classe ne peut pas être une variable d’ajustement du gouvernement afin de faire des économies.
Telles que définies dans le Code de l’Éducation, les missions de l’école publique sont la transmission et l’acquisition de connaissances et de méthodes de travail. Or, des classes surchargées impactent les capacités de concentration et de mémoire et ne permettent tout simplement pas de respecter ces missions.
Sous le gouvernement Macron, les valeurs d’égalité et de mixité de l’enseignement public ont été fortement mises à mal : la réforme avortée du “Choc des savoirs”, lancée Attal, qui permettait de trier “bons” et “mauvais” élèves ; Parcoursup, créé dès 2018, qui a introduit une logique de sélection à l’université…
Du côté du corps enseignant, ce sont des conditions de travail qui empirent : classes surchargées, non-remplacement des emplois administratifs, déclassement salarial, des réformes successives qui ne répondent pas aux enjeux fondamentaux de l’éducation nationale et qui mène celles et ceux qui exercent ce beau métier à bout…
Arrêter d’investir dans l’éducation nationale, c’est faire une croix sur notre avenir, c’est faire une croix sur notre principe républicain d’égalité, c’est faire une croix sur la promesse d’émancipation et de faire société commune. Alors oui, quand les parents d’élèves, les enseignants font corps pour défendre leur établissement, pour les conditions d’apprentissage de leurs enfants, ils et elles défendent un des piliers de notre république et de notre démocratie.
Il est temps d’arrêter cette fuite en avant dangereuse et de réinvestir massivement dans l’école publique, afin de réduire les effectifs par classe, augmenter le nombre d’enseignant-es, augmenter le temps de décharge pour les directeur·trices, augmenter le salaire des enseignant-es et améliorer leurs conditions de travail.