Visite du CRA de Rennes : Non à l’inhumain en Loire-Atlantique ! 

Mardi 4 octobre 2022, suite à une série de drames humains, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin annonçait dans un communiqué de presse commun avec la Maire de Nantes Johanna Rolland, la création d’un Centre de Rétention Administrative (CRA) en Loire-Atlantique. Dès cette annonce, les député·e·s NUPES de Loire-Atlantique se sont positionnés contre ce projet. Pour retrouver notre déclaration commune, c’est par ici.  

J’ai donc décidé d’utiliser mon droit de visite et de contrôle des lieux de privation des libertés pour visiter le CRA de Rennes. 

Sur le plan légal, ce n’est pas une prison mais pourtant tout y ressemble. On ne parle pas non plus d’expulsion, mais “d’éloignement”. C’est néanmoins la réalité. Une quarantaine d’hommes y sont actuellement privés de liberté pour une durée maximale de 90 jours. Ils attendent ici une expulsion vers leur pays d’origine. Dans les faits, celle-ci ne se concrétise que dans 38% des cas, à cause des annulations du juge des libertés ou des ponts diplomatiques qui n’autorisent pas les expulsions.

Une permanence psychologique est en place mais la détresse et les troubles psychiatriques restent importants, notamment à cause de la dureté des parcours de vie. A plusieurs reprises, les hommes qui sont “retenus” ont demandé à me parler en privé pour m’expliquer leur parcours et pourquoi ils risquent leur vie s’ils rentrent dans leur pays. Les bureaux des chambres ont été enlevés car certaines personnes avalaient les vis ou tentaient de (se) faire mal avec les planches… Ils sont également accompagnés par une équipe de la CIMADE pour leurs demandes de titre de séjour. Le personnel fait son possible mais il a besoin de plus de moyens financiers pour permettre de meilleures conditions de rétention. 

En Loire-Atlantique, nous restons mobilisé·e·s contre la création d’un CRA et des dérives qui peuvent en découler. En effet, la France a été condamnée pas moins de 9 fois par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour traitements inhumains et rétention d’enfants. Nos priorités doivent toujours être l’accueil inconditionnel et le respect de la dignité des personnes.

Laisser un commentaire