Alors que notre pays vient de traverser un été marqué par des canicules meurtrières, des incendies dévastateurs et des catastrophes climatiques à répétition, et que le coût de l’énergie, du logement et des produits de première nécessité continue d’étrangler des millions de ménages, le Gouvernement de Sébastien Lecornu présente le dernier budget du quinquennat Macron : l’apothéose de dix années de casse sociale, de renoncements écologiques et de cadeaux aux plus privilégiés. Dix années durant lesquelles on vous aura demandé de vous serrer la ceinture, pendant que les inégalités se creusaient et que l’urgence climatique était sacrifiée sur l’autel des intérêts économiques de quelques-uns.
Une fois encore, malgré la situation extrêmement préoccupante de nos finances publiques, ce sont toujours les mêmes qui sont sommés de payer la facture. Désindexation des pensions de retraite, gel des allocations familiales, des aides au logement et de la prime d’activité, nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, près de 2 000 postes d’enseignants supprimés et dépenses de santé toujours plus contraintes… Pendant ce temps, les recettes de l’impôt sur les sociétés diminueraient et la fiscalité des donations serait allégée. Quant aux très grandes fortunes, aux héritages les plus importants et aux superprofits pétroliers, ils continuent d’échapper à l’effort supplémentaire que nous réclamons. À celles et ceux qui peinent à finir le mois, on demande de nouveaux sacrifices. Aux plus fortunés et spéculateurs, on continue d’accorder des privilèges. Voilà la justice selon Emmanuel Macron et ses proxys !
Sur l’écologie, c’est une véritable politique de la terre brûlée. Alors que les conséquences du dérèglement climatique s’accélèrent, que nos territoires suffoquent sous les canicules et que les catastrophes naturelles se multiplient, le Gouvernement persiste à démanteler les moyens de notre transition. Le Fonds vert ne bénéficierait que de 200 millions d’euros supplémentaires, quand nous proposons d’y consacrer 10 milliards dès 2027. Le Fonds chaleur, indispensable pour décarboner le chauffage dans nos territoires, perdrait encore 300 millions d’euros. Ma Prime Rénov’ serait une nouvelle fois rabotée. Et, comme si cela ne suffisait pas, le Gouvernement s’attaque aux soutiens aux énergies renouvelables, qui nous permettent pourtant de sortir des énergies fossiles, de réduire notre dépendance aux importations et de faire baisser nos factures. Rien qu’en 2025, les énergies renouvelables ont permis 8 milliards d’euros d’économies ! À l’heure où il faudrait accélérer, le Gouvernement choisit délibérément de freiner. C’est un contresens économique, social et climatique absolu.
Mais lorsqu’il s’agit de financer le sacro-saint nucléaire, miracle : les milliards d’argent public sont soudainement disponibles ! Le projet de budget prévoit des milliards d’euros pour prendre en charge les intérêts d’un prêt public destiné aux six futurs EPR 2. Un prêt pouvant atteindre 60 milliards d’euros, à taux zéro pendant toute la construction, avec une garantie de l’État jusqu’en, accrochez-vous bien, 2090 ! Oubliez la dette pour les générations futures… Et ce n’est pas tout : le Gouvernement prévoit également une réduction de la taxe sur les installations nucléaires en construction, évaluée à près de 1,5 milliard d’euros pour cette seule année. Un milliard et demi d’euros ! Depuis près de deux semaines, des lycéennes et des lycéens se mobilisent courageusement, aux côtés de leurs parents et de leurs enseignants, pour réclamer des moyens pour l’école publique. À ces jeunes qui se battent pour leur avenir, le Gouvernement répond qu’il n’y a plus d’argent. Qu’il faut fermer des classes, supprimer des postes, faire des économies. Le gouvernement se moque du monde ! Car ce n’est pas l’argent qui manque : c’est la volonté politique. Et le gouvernement préfère consacrer cet argent pour entretenir le mirage d’une relance nucléaire aussi ruineuse que incertaine, fondée sur des promesses industrielles que les retards, les surcoûts et les échecs accumulés devraient pourtant nous conduire à interroger sérieusement. Le Gouvernement préfère faire payer collectivement les risques de ce pari industriel plutôt que de soutenir les services publics et les solutions pour la transition qui existent déjà et sont efficaces. C’est une fuite en avant : plus le programme nucléaire apparaît coûteux et incertain, plus l’État mobilise d’argent public pour tenter de le rendre possible. Une véritable prophétie autoréalisatrice, au détriment de toutes les autres politiques publiques. Or, nous avons besoin d’investissements maintenant. Pas dans dix ans, pas dans quinze ans, et encore moins au siècle prochain ! Dans la sobriété, la rénovation énergétique, les renouvelables et l’électrification de nos usages. Les Français ne peuvent pas attendre d’hypothétiques EPR2, dont le coût des six premiers pourrait dépasser 150 milliards d’euros, pour remplacer le pétrole dans leurs voitures ou le gaz dans leurs logements. L’urgence climatique, elle, n’attendra pas les promesses de l’industrie nucléaire.
Ce budget est celui d’un pouvoir qui exige des sacrifices de celles et ceux qui travaillent pour produisent les richesses, qui affaiblit nos services publics et qui saborde la transition écologique, tout en déroulant le tapis rouge aux plus fortunés, aux grandes entreprises les plus spéculatives et polluantes ainsi qu’à une hypothétique relance nucléaire, mais réellement hors de prix. C’est un choix de société, et c’est précisément celui que nous combattons !
Avec mes collègues du groupe Écologiste et Social, nous mènerons la bataille lors des débats budgétaires pour défendre une autre répartition des richesses et des moyens publics. Pour que l’argent public serve enfin l’intérêt général, la justice sociale, notre jeunesse et la sortie des énergies fossiles, plutôt que les privilèges de quelques-uns et les chimères nucléaires du Gouvernement.