Politique énergétique de la France : notre modèle est à refonder !

À l’Assemblée nationale, ces dernières semaines ont été marquées par de nombreux travaux et débats autour des enjeux énergétiques, dans le contexte de guerre en Ukraine qui exacerbe les prix de l’énergie et les défaillances de notre parc nucléaire qui nous menacent de coupures d’électricité.

Au-delà du projet de loi visant à l’accélération des énergies renouvelables et la commission d’enquête parlementaire visant à établir les raisons de la perte de notre souveraineté énergétique, nous avons pu débattre le 16 novembre dernier avec le gouvernement et l’ensemble des groupes parlementaires, de la politique énergétique à mener, à la fois aujourd’hui pour protéger les françaises et les français face la crise, mais aussi à moyen et long terme pour faire face à l’urgence climatique. Au nom du groupe Écologiste-Nupes, je suis intervenue à la tribune pour dénoncer l’absence d’anticipation du gouvernement et les retards pris pour nous engager sur les rails de la transition énergétique.

Près de deux ans après avoir décrié et raillé le « modèle Amish », le gouvernement parle bien volontiers de sobriété. Mais ce changement de pied arrive de manière contrainte et trop tardive : le gouvernement rate le coche ! De plus, il n’est guidé que par l’idéologie d’une baisse conjoncturelle des consommations pour dissimuler les conséquences de ses échecs : l’addiction aux énergies fossiles importées et l’entêtement délétère dans le nucléaire.

      Il ne montre pas une réelle volonté de transformer durablement notre modèle énergétique et préfère faire porter sur chaque individu, l’unique responsabilité de la situation. Un choix arbitraire qui pèse avant tout sur les plus fragiles. Les changements individuels participent évidemment de l’effort collectif, mais ils sauraient être menés sans une transformation profonde du modèle économique, sans une politique de réduction de la précarité et un modèle social plus juste, sans demander aux plus gros consommateurs de faire enfin des efforts. Et là, tous les leviers manquent à l’appel. À titre d’exemple :

      • Sur la rénovation thermique des bâtiments, mesure d’efficacité énergétique et de lutte contre la précarité la plus urgente, le gouvernement bloque toute avancée majeure. Encore récemment, le gouvernement a fait supprimer via un énième 49.3, un plan d’investissements massifs proposé par ma collègue Eva Sas, pourtant adopté démocratiquement lors des débats budgétaires. Une décision irresponsable face à l’urgence climatique et sociale !
      • Sur les mobilités, plutôt que d’investir dans le développement des transports en commun, trains du quotidien et mobilités douces sur tout le territoire, le gouvernement privilégie les subventions à la voiture thermique individuelle de manière inconditionnelle et indifférenciée, sans tenir compte des utilisations et des disparités sociales colossales. Un choix dispendieux, qui profite aux plus riches et maintient les plus précaires dans la vulnérabilité face aux hausses du pétrole.

      Le gouvernement doit aujourd’hui faire preuve de courage et de responsabilité. Il ne peut plus se permettre de refuser de faire les investissements publics cruciaux. Les mesures à prendre d’urgence pour passer l’hiver sont en réalité les mêmes que celles qui doivent nous permettre de préserver une planète vivable, et de faire durablement baisser les prix de l’énergie.

      C’est ce que j’ai rappelé en hémicycle. La seule solution, sur laquelle convergent les scientifiques et de nombreux acteurs économiques et institutionnels, c’est une planification sur le triptyque sobriété, efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables, qui permet de réellement protéger le pouvoir d’achat des français, notre autonomie énergétique et le climat.

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