Une présidence française de l’Union européenne influencée par les lobbies

Qu’est-ce que la présidence de l’Union européenne ?

Tous les 6 mois, les États membres de l’Union européenne se succèdent à la présidence du Conseil européen. Le Conseil européen est l’institution qui réunit l’ensemble des chefs d’État ou chefs de gouvernement des pays membres. Cette présidence joue ainsi un rôle clé dans l’organisation des travaux des institutions de l’Union européen, notamment pour l’impulsion de décisions politiques et législatives majeures. La France a présidé le Conseil européen du 1er janvier au 31 juin 2022, en pleine période électorale. Emmanuel Macron avait en effet décidé de maintenir ce calendrier, malgré l’élection présidentielle.


Le 28 juillet 2022, à l’occasion de la déclaration du gouvernement sur le bilan de la présidence française de l’Union européenne, Julie Laernoes est intervenue à la tribune de l’Assemblée nationale pour dénoncer les régressions écologiques et sociales qui ont été actées sous cette présidence.

Emmanuel Macron avait promis que la présidence française de l’Union européenne permettrait une sortie accélérée des pesticides et d’enfin avoir une politique publique à la hauteur des défis écologiques et sociaux. Sans surprise, les actes de la France ont été à rebours des ambitions qu’elle a affichées. Elle a privilégié une politique d’un autre temps qui ne protègent ni le climat ni le pouvoir de vivre des citoyens européens. Sous l’influence des lobbies, la France a préféré favoriser les plus riches qui sont aussi les plus gros pollueurs. Celles et ceux qui devraient réduire leurs émissions et qui finalement pourront continuer à déroger aux règles environnementales et aux politiques de solidarité.

Résultat des courses :

  • Le fonds social pour le climat (qui permet d’aider les plus précaires à faire face à cette transition) a vu son budget baisser de plus de 13 milliards d’euros.
  • Le gaz et le nucléaire sont désormais considérés comme des énergies “vertes”. Pour son entêtement dans le nucléaire, la France a sacrifié le climat. 
  • Les milliardaires qui font flamber la planète ne seront pas inquiétés : un amendement Ferrari a été défendu pour décaler l’interdiction à la vente des véhicules thermiques pour les voitures de luxe.
  • Le taux limite de pesticides a été augmenté pour pouvoir importer des produits jusqu’ici interdits.
  • Le Traité obscure et climaticide sur la Charte de l’Énergie, qui permet aux énergéticiens d’exiger des milliards aux États en compensation de l’impact sur leurs bénéfices que la transition énergétique implique, est prolongé.

Voir ou revoir l’intervention de Julie Laernoes

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